 Alors que la saison de chasse à courre
a commencé depuis le 15 septembre
-et se prolongera jusqu'en mars- passionnés
et opposants se retrouvent sur le
terrain de la communication, les premiers
pour redorer le blason de la vènerie, les
seconds pour obtenir son interdiction ou
tout au moins sa limitation... Il y a deux ans,
les anti-chasse appelés aussi "hunt saboteurs"
ont renforcé leurs opérations de
blocage des chasses à courre, les
équipages - 18 en Indre-et-Loire, ce qui
représente environ un millier de chasseurs -
ont alors fait profil bas. En Touraine, un des
départements les plus importants et un des
berceaux de la vènerie en France, on chasse
le cerf, le sanglier, le chevreuil ou encore
le lièvre...
La vènerie pour Jean-Marc
Maingault, qui a créé un équipage en 2007,
« c'est d'abord le respect, la première qualité
que doit avoir un équipage. Respect
social, verbal et de présentation... L'autre
aspect de la vènerie, c'est qu'il ne s'agit pas
de pourchasser l'animal jusqu'au bout mais
d'être plus rusé que lui, il y a des prises
avec de mauvaises chasses et des belles
chasses sans prises ». Des arguments que
les anti chasse à courre rejettent avec
vigueur... Pour James Allion, un des
opposants tourangeaux à la vènerie, qui fut
lui-même chasseur, « la chasse à courre,
c'est une autre époque, c'est la France à
l'ancienne avec ses nobles et ses petites
gens... Et sa cruauté... »
Dans la grande famille des chasseurs, on
constate que les passionnés de vènerie ont,
depuis quelques temps, « ouvert les
équipages, ça s'est démocratisé », souligne
Jean Abarnou, le président de la Fédération
départementale de la chasse... Et alors que
la pratique de la chasse traditionnelle est
elle-même attaquée, « la tendance est
plutôt à resserrer les rangs ». Pourtant,
selon James Allion, « un certain nombre de
chasseurs voient la vènerie d'un mauvais
oeil, surtout qu'elle ne représente pas grand
chose, 5 à 10 000 veneurs tout au plus en
France sur le million et demi de
chasseurs ». Mais, toujours selon les "hunt
saboteurs", « la vènerie touche des gens
qui sont des décideurs économiques et politiques...
A l'Assemblée Nationale, c'est le
premier groupe représenté chez les
députés ». Une force indéniable qui a permis
d'échapper aux lois anti-chasse à
courre votées dans les principaux pays
européens. En France, c'est même la tendance
inverse qui se profile puisqu'un
décret pourrait sortir dans quelques mois
pour pénaliser les actions de blocage des
"hunt saboteurs".
Pour Jean-Marc Maingault, la vènerie a
évolué... Et il entend le faire savoir...
« Même si une certaine image de la
noblesse reste, la chasse à courre s'est
ouverte aujourd'hui à d'autres catégories
sociales... Moi-même, je suis agriculteur... On
constate aussi qu'il y a de plus en plus de
suiveurs qui viennent voir les chasses... Au
point que, parfois, il y a beaucoup de voitures,
ça devient un problème... ». Reste que, pour
David Chauvet, responsable de l'association
Droits des animaux, « il n'y a aucune raison
qu'on arrête nos opérations de blocages.
D'autant plus que, selon un sondage de la
fondation Brigitte Bardot, 73% des français
sont contre la chasse à courre ».
Antoine Geslin
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