| Sylvain Delaporte, profession : « marin d’eau douce » |
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| Écrit par La Tribune de Tours | |||||||
| 25-06-2009 | |||||||
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A 27 ans, Sylvain Delaporte exerce le beau métier de pilote. Pas sur la route ni dans les airs, mais sur les eaux sauvages de la Vienne et de la Loire, aux commandes de l’Amarante et de la Belle Adèle, des bateaux de bois qu’il a construits avec son père et son frère. « J’aime travailler en plein air, au contact de l’eau », confie le jeune homme. Passionné, il avoue aimer « presque autant » la Vienne et la Loire, avec cependant une légère préférence pour le grand fleuve, ses îles, ses rives parées de belles maisons et ses tumultes hivernaux. Parce qu’il est originaire de Saumur et qu’il a passé son enfance à Candes-Saint-Martin, Sylvain a grandi avec le fleuve. « Enfant, j’étais tout le temps dans l’eau, pour me baigner, pour jouer, pour faire du kayak », confie-t-il. Et puis, avec une certaine fierté, il explique avoir pour ancêtre « un capitaine breton au long court qui a travaillé sur les premiers bateaux à vapeur et passé 44 fois le Cap Horn ». La marine chez lui, c’est donc un peu une histoire de famille. Rien de surprenant à ce qu’il ait vécu pendant plus d’un an sur une péniche amarrée au pied du château d’Angers, et qu’après ses études, ses voyages, une incursion dans l’artisanat et à l’Office National des Forêts, il ait choisi la navigation. Le hasard lui a aussi donné un coup de pouce, puisque tout a vraiment commencé lorsque son père, fabricant de jouets en bois, fut sollicité par un client pour construire un bateau. Peu de temps après, Sylvain décide avec son frère Robin, de se lancer dans la batellerie et de créer leur propre entreprise, Bateau Amarante. Depuis 2003, l’aventure se poursuit. Au fil des années, le jeune « marin d’eau douce » comme il se qualifie lui-même, a découvert les meilleurs coins pour admirer les couchers de soleil, et aiguisé ses yeux afin de déceler les bancs de sable sans utiliser de sondeur, mais uniquement en scrutant la surface de l’eau et le temps qu’il fait. Et puis, il a aussi appris à repérer les castors et les oiseaux qu’il aime voir évoluer avec les saisons. « Quand je vois une île, j’aperçois les sternes qui nichent, puis un peu plus tard, quand je repasse, je vois les petits, ensuite elles s’en vont et arrivent alors les vanneaux », raconte-t-il. A le voir voguer du fleuve à la rivière, au rythme languissant des courants et du petit moteur de son bateau, on pourrait penser que son métier est monotone. « Pas du tout !, rétorque-t-il avant d’expliquer que la Loire change tout le temps, les couleurs des arbres, le niveau de l’eau qui peut augmenter de 3 mètres en cas de crue ou encore les bancs de sables qui se déplacent parfois d’une semaine sur l’autre ». En matière de milieux et d’écosystèmes, Sylvain est un expert. Au cours de son passage à l’ONF, il a engrangé des connaissances qu’il distille pendant les balades, au gré de ses commentaires. Et la monotonie ne risque pas de l’atteindre car il fourmille d’idées et de projets. Il vient tout juste de terminer une voile pour la Belle Adèle, et il souhaiterait s’en servir pour des projections. Il aimerait aussi recevoir des musiciens et des comédiens à bord de son bateau. Un beau programme pour un marin plein de ressources. Julie Innato
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