| Hôpital : les secrets du retour à l'équilibre budgétaire |
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| Écrit par La Tribune de Tours | |||||||
| 04-02-2010 | |||||||
Selon le dernier palmarès des hôpitaux publié par le magazine Le Point,
le CHRU de Tours est le huitième hôpital de France. Il a été classé parmi
les meilleurs pour 47 pathologies, et cela que ce soit en chirurgie digestive,
en chirurgie vasculaire ou encore en ophtalmologie. Les premières greffes du foie
s'y pratiqueront en septembre 2010. Par ailleurs, l'hôpital est un des rares
établissements de santé à ne pas être en déficit, et il maintiendra, cette année,
ses investissements. Quelle est sa recette miracle ?
Budget : enfin, le retour à l'équilibre Après des années de déficit croissant, l'équilibre budgétaire est de retour au CHRU. C'était l'objectif de la loi HPSCT (Hôpital, patients, santé, territoire), et l'hôpital de Tours y est parvenu. Il enregistre même un léger excédent, d'un million d'euros sur 2009 environ. Avec un budget annuel de 510 millions d'euros, le CHRU vient donc de clôturer une année "inespérée". Plusieurs mesures sont à l'origine de cette sortie de crise : « des nouveaux tarifs ont été instaurés, ils prennent mieux en compte la complexité de certains soins assurés par le CHRU » cite pour exemple Hubert Garrigue- Guyonnaud, directeur général de l'hôpital. Mais ce n'est pas tout. L'hôpital a changé et s'est réorganisé. « Les techniques médicales ont permis de prendre en charge davantage de patients en accueil de jour et de baisser le nombre d'hospitalisations complètes », ajoute le directeur. A la baisse du nombre de lits s'ajoutent de nombreux regroupements (stérilisation, plateau de biologie) qui tous ont contribué au retour à l'équilibre. Des économies au service de la modernisation des services La baisse du nombre de lits a aussi permis le développement de nouvelles activités. Une unité neuro-vasculaire a par exemple été créée en septembre 2009, et l'ensemble de la réorganisation a permis d'augmenter la fréquentation d'1,5 % l'année dernière. Hubert Garrigue- Guyonnaud voit en cette hausse d'activité le résultat « du travail de qualité assuré par les équipes médicales ». Aujourd'hui, 75 000 personnes sont hospitalisées en hospitalisation complète et 70 000 en ambulatoire, au CHRU de Tours. Sans compter qu'en 2009, 400 000 consultations ont eu lieu. Un hôpital... universitaire et de recherche Pour le professeur de chirurgie Loïc de Calan, cela ne fait pas de doute. « A l'hôpital, la présence d'étudiants et d'internes de la faculté de médecine est très stimulante pour les professionnels en place. » Le centre hospitalier universitaire doit aussi son attractivité à sa recherche, reconnue et labellisée. « Quatre équipes Inserm, une équipe CNRS travaillent aujourd'hui sur l'imagerie médicale, le virus de l'hépatite C et celui du VIH, le cancer... Et nous sommes classés quinzième CHU de France en nombre de publications scientifiques » déclare Hubert Garrigue-Guyonnaud. •Un équipement à la pointe Avec un budget annuel de sept à huit millions d'euros, le matériel médical est l'un des premiers postes d'investissement de l'hôpital. Depuis deux années, l'unique robot chirurgical de la Région Centre se trouve à Tours. Il permet, grâce au maniement à distance de bras mécaniques, de gagner en précision lors des interventions chirurgicales. Coût de la machine, 1,2 million d'euros. Début mars, le quatrième "cyberknife" français devrait également faire son apparition au centre hospitalier. « Les tumeurs cancéreuses situées dans un organe mobile, comme le poumon ou le foie, pourront désormais être ciblées par les rayons, explique le professeur Loïc de Calan. Un investissement qui va nous permettre, entre autres, de traiter certains cancers de façon plus précoce. » Faire face au vieillissement de la population
C'est l'un des axes forts du projet d'établissement,
établi pour la période 2008-
2013. Faire face au vieillissement de la
population, et donc de la patientèle, est
une des priorités de l'hôpital. Le CMRR
(Centre mémoire de ressources et de
recherche) a vu le jour a cet effet. Des
consultations y sont assurées par des
médecins, à temps plein,« afin de retarder
le perte de mémoire et de participer à la
recherche sur la maladie d'Alzheimer,
l'oncogériatrie et la gérontopsychiatrie »
énumère le directeur général. Une équipe
mobile de gériatrie est également mise à
disposition, elle transite de service en
service à l'écoute des personnes âgées
hospitalisées. Demain, la greffe du foie Les greffes de rein et du coeur se pratiquent déjà au CHU, mais elles se sont considérablement développées. Elles ont en effet respectivement augmenté de 33 % et de 50 % de 2005 à 2010. La première allogreffe de moelle osseuse (cas de greffe où le donneur et le receveur sont des individus distincts) a été faite le 14 janvier 2010. Enfin, et ce sera la nouveauté de l'année au CHRU, « nous allons pratiquer, dès septembre, la transplantation hépatique, ou greffe de foie. C'est une des greffes les plus difficiles. Aucun nouveau centre hospitalier n'avait été doté de cette compétence depuis une dizaine d'années » note Loïc de Calan. Infections nosocomiales : peut mieux faire L'indicateur de consommation de solutions hydroalcooliques par le personnel, retenu par le palmarès 2010 publié par L'express, classe le CHRU en 66e position sur 71. Un mauvais score, donc, que la directeur général explique de la façon suivante : « le personnel du secteur de la chirurgie, notre principale activité, se lavait les mains avec de la bétadine. Le passage à la solution hydroalcoolique est progressivement en train de se faire. Par ailleurs, les rapports du comité de lutte contre les infections nosocomiales sont plutôt bons. » Et le développement durable, dans tout ça ? Pour Jean-Pierre Bernard, directeur général adjoint, « nous agissons en faveur du développement durable depuis longtemps sans forcément en être conscients ». Mais cela n'empêche pas l'hôpital de mener une véritable politique volontariste : « Les radiographies se consultent désormais sur écran, et non plus sur film comme auparavant. C'est le seul établissement de France à bénéficier d'un tel équipement. Par ailleurs, un plan de déplacements hospitalier va assurer la prise en charge de 30%, cette année, des frais de train ou de bus du personnel, dès le mois de mars. L'année prochaine, nous pensons passer ce remboursement à 50 %.» claire robin Grippe A : il faudra désormais se faire vacciner à l'hôpital La campagne de vaccination de la grippe A (H1N1) s'adresse désormais à l'ensemble de la population. Les centres de vaccination sont aujourd'hui fermés, et le dispositif a été réaménagé. Depuis le 1er février, les personnes souhaitant se faire vacciner peuvent désormais le faire à l'intérieur du bâtiment principal de l'hôpital Bretonneau (bâtiment B1A). La population y sera accueillie du lundi au vendredi, de 8h à 14h, sur rendez-vous préalable au 02 47 47 37 51. Les syndicats dénoncent un manque d’effectif Grève reconductible à l’hémodialyse, mobilisation contre la mutualisation des services en pédiatrie à Clocheville ou contre l'ordre infirmier.... Ce n'est pas d'aujourd'hui : le CHRU de Tours est régulièrement le théâtre de conflits sociaux. Première cause de mobilisation, « le manque d'effectifs » dénonce le syndicat CGT. Selon Laurent Dubois, délégué syndical et membre du CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), les réorganisations récentes de l'hôpital de Tours trahissent « une vision comptable des soins ». Un constat partagé par le syndicat Sud CHU, qui fait état de nombreux mouvements au sein de l'établissement de santé. Notamment sur le site de Trousseau, depuis le regroupement des deux blocs opératoires. « Cinq infirmières seulement sont spécialisées dans les urgences, les autres ne le sont pas. Les tâches périopératoires sont donc mal faites » relate Edouard Gloanec, délégué au syndicat Sud. Pour la direction, ces tensions n'ont rien d'étonnant. « Dans une grande structure qui compte 7500 salariés comme l'hôpital c'est même relativement sain », remarque même Hubert Garrigue-Guyonnaud, qui réaffirme qu'il n'y a pas de suppressions de poste à l'hôpital. Simplement, « notre réorganisation nécessite que l'on transforme des postes pour les affecter ailleurs ».
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